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19 mai 2011 4 19 /05 /mai /2011 20:23

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L’homme d’état et la femme de ménage africaine – un conte pas très joli joli

 « Selon que vous serez puissant ou misérable,

Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir. »

C'est la fin de cette fable de la Fontaine, "les animaux malades de la peste", encore d'actualité, à entendre les supporters de DSK...

Il était une fois un homme d'état  : pas trop grand, mais costaud, le teint parfois rosi, l’œil souvent coquin, le cheveu soigneusement aplati. Il portait des costumes de bonne coupe et était marié avec une dame encore très belle pour son âge. Elle faisait l'admiration de toutes les commères du voisinage, et leur jalousie. Elle avait de grands yeux bleu piscine et une chevelure toute noire, comme celle de Blanche-Neige, bien qu'elle fût plutôt de la famille de la marâtre de celle-ci.

C'était un couple que l'on croyait heureux. Il faut dire qu'aux temps où ils vivaient on considérait sans plus réfléchir qu'être heureux c'était avoir beaucoup d'écus en poche, et quelque argent de réserve dans un coffre bien caché.

L'homme d'état avait quant à lui une bourse bien remplie, qu'il vidait souvent, pour la remplir ensuite et ainsi de suite...

C'était un grand argentier, les ministres de la lointaine Héllènie étaient venus quérir son aide pour ne pas tomber entre les dents acérés des loups de Chine qui rôdaient autour de leur domaine. C'était un homme rusé, matois. Il avait joué les Raminagrobis et de sa voix la plus suave, celle qu'il prenait quand il troussait les bonnes, il les avait assuré de son soutien. Il était très doué pour jouer les bons apôtres, tout autant que le légendaire Renard des contes du temps jadis.

Il aimait beaucoup les demoiselles, et bien souvent, il usait de ses manières doucereuses pour les trousser sans autre forme de procès, que celles-ci soient des servantes ou des femmes du monde, étudiantes ou filles de roi.

Dans le royaume d'où il venait, tout le monde s'en contentait, et il semblait bien même que pour les pères et les mères d'icelui c'était même un honneur. Beaucoup des sujets de ce pays avaient encore beaucoup de pièces sonnantes dans leur besace, qu'ils soient croquants ou de la grande ville dangereuse.

Ceux qui en possédaient énormément, et ceux qui rêvaient encore d'en posséder d'autant, ceux-là étaient ses féaux serviteurs, sans se poser une seule question. Et ils continuèrent de l'être pendant ses malheurs.

Ceux-ci commencèrent quand l'homme d'état, qui se rendait souvent de l'autre côté des mers pour ses affaires, tomba nez à nez au sortir de la salle d'eau où il s'était rafraîchi sur une jeune dame à la peau sombre, d'une grande beauté et au cœur pur.

L'homme d'état crut encore qu'il était en face d'une de ses filles à la vertu minuscule qu'il avait l'habitude de fréquenter parmi les personnes de peu de bien qu'il fréquentait. Comme il savait que bientôt il allait faire usage de tout son pouvoir de séduction pour devenir le maître, le souverain, de son royaume d'origine, il vit là une occasion de commencer su l'heure.

Beaucoup parmi les sujets de son futur domaine, son pré carré, étaient déjà sous l'emprise de son charme.

Il prétendait même, le fourbe, défendre les petits, les sans grade, les vilains et les vilaines, les gueux, les mendiants, les étrangers rejetés par la maréchaussée à l'orée du royaume et de ses cités.

Alors qu'il n'en ferait rien.

Il crut que le monde entier lui appartenait et que personne n'en prendrait ombrage. Se voyant le maître de tout et de tous, il se rua sur la pauvre jeune femme à la peau noire, et tenta de la culbuter sur sa couche. Celle-ci se débattit comme une furie et se précipita hors de la chambre. L'homme d'état prit peur, il s'enfuit sans tambours ni trompettes.

Mal lui en prit, car au moment de monter dans son carrosse fendant l'air, des hommes en armes vinrent le quérir.

Las, il nia, il n'était en rien coupable.

Dans son royaume, sa fidèle épouse, mais aussi ceux qui pensaient bientôt être ses sujets enamourés, tous pleuraient son infortune, car l'homme d'état était en prison. Beaucoup était même certains, pour plus de la moitié, qu'il était la proie de comploteurs. Dans la lointaine Héllènie, on se rappela ce que l'homme d'état avait dit comme calomnies, après avoir fait mine de s'apitoyer.

On comprit très vite que ceux qui pleuraient son infortune se moquaient complètement du sort des gueux, des pauvres et des sans-grade comme la jeune femme à la peau d'ébène, ils ne se préoccupaient que de leur sort, et du sort de leur futur maître qui leur avait promis de continuer à veilleur sur eux et de leur éviter de penser aux autres.

Pour autant, l'homme d'état ne sortit pas de sa geôle, il continue d'y pleurer, ou pas, son malheur, qui ne durera pas, soyez en sûr. Ce genre de personnages sait toujours comment faire pour s'en sortir sous les meilleurs auspices...

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