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18 novembre 2010 4 18 /11 /novembre /2010 19:47

 

 

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La tribune de Genêve

 

13.10.2010

La France a-t-elle encore un avenir ?

La France a donc connu une nouvelle journée de grèves. Des grèves massives dont le pays s'est fait une triste spécialité depuis longtemps. Des grèves qui marquent d'abord la faiblesse du monde syndical qui, bien plus que la défense des travailleurs, recherche en ce genre d'occasions visibilité et adhérents nouveaux. Des grèves qui laissent pantoi face à tant de médiocrité, de populisme et de malhonnêteté intellectuelle du côté de la Gauche qui, bien plus que du bonheur des Français, ne vise qu'à affaiblir le pouvoir en place.

La France, décidément est condamnée à la jacquerie, cette vieille habitude gauloise. Depuis toujours, quand le Français moyen est mécontent, bousculé, il ne réfléchit pas, il n'agit pas, il ne réagit même pas. Il descend dans la rue, hurle sa rage et généralement s'en prend aux coupables que lui désignent les braillards conduisant les cortèges. Et depuis toujours, sa cible est "le riche, le privilégié, autrement dit le patronat, les nantis". Dans les situations extrêmes il se met à casser et va jusqu'à s'en prendre physiquement aux personnes. Dans le pire des cas, la France entre en révolution. Le 19ème siècle en a connu quelques unes, plus ou moins sanglantes.

Mais au cours des cent dernières années, les choses se sont déroulées de manière moins dramatique. Pourquoi ? Parce que la France s'est organisée pour répondre "sans douleurs" aux conséquences de son inaptitude à affronter sa faiblesse politique, sociale et économique. Les trucs étaient l'endettement public puis l'inflation et la dévaluation monétaire pour l'éponger. Des trucs qui ont permis durant tout le 20ème siècle à l'Etat et aux politiciens français de "plumer" dans la durée, petit à petit, les épargnants et les rentiers, sans que ceux-ci se trouvent en mesure de manifester leur misère.

Mais la naissance de l'Euro et l'entrée, manifestement imprudente, de la France dans la zone monétaire européene a mis un terme à ce jeu sordide. Et désormais la classe politique est forcée d'affronter les réalités. Les dévaluation ne sont plus possibles, la dette publique n'est plus effaçable à souhait et l'équilibre budgétaire devient une exigence non plus théorique mais pratique. Ce sont ces éléments nouveaux, non pas une vertu soudainement descendue sur le parti au pouvoir en France, qui ont forcé le président Sarkozy à engager la réforme des retraites, une réforme devenue incontournable.

Ce qui stupéfie par conséquent l'observateur est la manière dont l'opposition utilise la situation ainsi créée à des fins purement égoïstes, dans un effrayant déni de la réalité. Elle qui sans cesse alimente les médias de ses discours protecteurs des classes défavorisées et de l'expression de sa volonté de pratiquer un développement durable, la voilà qui descend dans les plus grandes profondeurs de la manipulation et de la tromperie. Qui n'a pas vu avec incrédulité en ce 12 octobre les lycéens et les étudiants, encadrés par les meneurs syndicaux et de la Gauche, répéter en choeur les discours anachroniques de ceux qui font croire que le bonheur est de travailler le moins possible et d'atteindre le plus rapidement possible l'âge de la retraite ?

S'agissant de l'avenir de la France, ses amis se sont souvent inquiétés du danger représenté par la tendance immémoriale de son peuple à la contestation et à la jacquerie. Ils ont toujours craint l'infantilisme légendaire de sa classe politique. Mais depuis aujourd'hui ils sont désespérés. Comment un peuple peut-il avoir un avenir si sa force vive, sa jeunesse, avant d'occuper son premier emploi, est déjà obsédée par l'âge de sa retraite et le montant de sa future pension ?

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