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31 janvier 2013 4 31 /01 /janvier /2013 19:34

Syndicalistes, élus, hauts fonctionnaires… les 200 qui bloquent la France

Source : Capital
30/01/2013 à 18:49 / Mis à jour le 31/01/2013 à 09:27
 
 
 
© REA
Certains sont célèbres, d’autres inconnus. Mais tous ont le même objectif : torpiller les réformes dont notre pays a tant besoin pour s’en sortir.

La France n’a plus de mineurs. Pourtant, elle possède toujours une Sécurité sociale des mines, avec une administration, des guichets, des médecins, 17 pharmacies, des dispensaires, des cliniques et un siège somptueux, dans les beaux quartiers de Paris. Naturellement, les quelques milliers de retraités affiliés à ce système d’un autre âge ne suffisent pas à le faire tourner et il génère des gaspillages colossaux. En 2011, son déficit a dépassé les 61 millions d’euros. Voilà pourquoi le gouvernement de François Fillon s’est décidé à publier en 2010 un décret programmant sa fusion dans l’Assurance-maladie.

Trois ans après, la Sécu des mines est toujours en place. A peine connue la nouvelle, le syndicat FO des mineurs, la fédération CGT de l’énergie, le député socialiste de Moselle Pierre Lang et celui du Pas-de-Calais Jean-Pierre ­Kucheida (non réélus en 2012), les sections CFTC des bassins houillers, les associations d’anciennes gueules noires et un nombre incalculable d’élus locaux du Nord et de l’Est, tous bords politiques confondus, se sont mis à hurler à la mort. Si bien que le précédent gouvernement n’a rien osé entreprendre pour régler le problème. Et la nouvelle ministre des Affaires sociales, Marisol Touraine, ne semble pas plus pressée d’agir : elle vient de commander un nouveau rapport sur la question. Au cas où il y aurait encore des choses à découvrir…

Réformer la France ? Vu de loin, tout le monde est d’accord ou presque. On le sait, c’est à ce prix qu’elle pourra retrouver un jour son rang dans l’économie mondiale. Mais lorsqu’on entre dans le vif du sujet, c’est une tout autre histoire. «Sur chaque dossier, sur chaque alinéa de projet de loi, il y a toujours des forces prêtes à se battre pour que rien ne change, même lorsque l’intérêt supérieur du pays est en jeu», s’agace l’ancien ­député UMP Yves Bur. «Nous sommes tellement sclérosés par les pesanteurs et les blocages que chaque millimètre gagné est une victoire», confirme Agnès Verdier-Molinié, de l’Ifrap, un think tank indépendant d’obédience libérale. Nicolas Sarkozy, qui s’est cassé les dents sur à peu près toutes ses réformes, à commencer par celles des régimes spéciaux de retraite ou du service minimum dans les transports, pourrait nous en raconter de belles sur ce point.

Soyons donc très humbles : ce dossier ne prétend pas, loin s’en faut, présenter la totalité des bloqueurs qui entravent la modernisation de notre pays. Entre les représentants patronaux crispés dans leurs vieux schémas, les syndicats scotchés comme des chiens d’arrêt sur leurs avantages acquis, les hauts fonctionnaires par nature confits d’immobilisme, les grands corps assis sur leurs privilèges, les innombrables lobbies prêts à mordre pour leurs intérêts particuliers, les ayatollahs de l’écologie pour qui la croissance reste un ennemi mortel et les élus de terrain incapables de planifier le moindre allégement de notre si coûteux mille-feuille territorial, l’Hexagone est sans doute la plus grande fourmilière de conservatismes du monde démocratique. «Pour réussir les réformes, il va vraiment falloir se battre !», prévient le député UDI Charles de Courson.
Fort bien. Allons-y !

Philippe Eliakim

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