Un petit bijou de communication, (voir la vidéo qui suit). Il y a d’abord Leila, infirmière aux urgences à l’hôpital Saint-Louis (Paris). Minorité visible oblige, Leila est une jeune et jolie « beurette ». L’effet Obama, on vous dit... Elle nous explique, débordante d’empathie pour le malade alité dont elle tient la main, que l’encombrement causé par tout ces gens qui prennent les urgences pour un « supermarché de la santé » et l’empêchent de passer du temps avec ceux qui, eux, en ont vraiment besoin. Diagnostic: « Il faudrait commencer par éduquer les patients ». Bah voilà, c’est pourtant simple. Les urgences fonctionneraient mieux si les gens n’y allaient pas. Le bon docteur Pelloux peut remonter dans son Samu, nous, on a tout compris. Et ça n’a même pas pris 40 secondes.

Fondu enchaîné. A l’image: Louis, « maire d’une commune rurale ». Verneuil sur Avre, en l’occurrence, une charmante bourgade de l’Eure. Paré de sa belle écharpe tricolore, (portée du mauvais coté note du hérisson) l’édile nous explique que si, en 1998, il s’est battu comme un beau diable pour garder la maternité qu’on voulait lui fermer, il constate dix ans après que le centre périnatal de proximité qui l’a remplacé est un « grand succès ». La preuve, Solange, « jeune maman de 33 ans », explique dans la foulée qu’elle est « très contente » : l’idée « d’aller accoucher à 30 minutes de voiture » de chez elle l’a bien « inquiétée ». Mais finalement, concède-t-elle dans un large sourire, elle a été satisfaite. Si vous aviez un doute sur l’honnêteté de l’élu, vous voilà rassuré.

Les crimes du Docteur Petiet

Disgrâce, acte I. Sauf que voilà. Ledit édile n’est pas un inconnu, et n’est pas si blanc. Louis Petiet, maire de Verneuil sur Avre, par ailleurs Conseiller Général de l'Eure et ami de Jean-Pierre Raffarin, est un renégat. Battu aux législatives de 2007 par « l’énarque parachuté » de l’UMP, Bruno Le Maire. Ce dernier a été bombardé dans son fief par l'ex-député de la circonscription, Jean-Louis Debré, devenu entre-temps président du Conseil Constitutionnel. Suspendu de l’UMP (dont il présidait la fédération départementale), menacé d’exclusion, Louis Petiet ne s’est pas démonté. En vain, Le Maire devient député à la place de Petiet à la régulière, dans les urnes, en juin 2007.

Disgrâce, acte II. Une mauvaise nouvelle ne venant jamais seule, le 29 novembre 2007, la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques saisit le Conseil constitutionnel à propos de la situation de Monsieur Petiet. Laquelle commission rejette ses comptes de campagne. Explication officielle: 44 502 euros de ses dépenses de campagne (soit 93,5%), ont été réglés directement par Louis Petiet, avant la nomination règlementaire d’un mandataire financier. Verdict: « M. Louis Petiet est déclaré inéligible en application des dispositions de l'article LO 128 du code électoral pour une durée d'un an à compter du 17 avril 2008 ». Hors jeu.

Repentance. Cantonné dans sa mairie, le bon Petiet n’a plus qu’à faire repentance. Inéligible mais élu, c’est donc tout sourire qu’il défend, lui aussi, le bon texte de Dame Bachelot. A l’UMP, défendre les idées de la majorité, ça peut aussi être une punition.